Ainsi parle le cinéma : Jean-Pierre Léaud

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A l’occasion de la semaine So French, Campus vous propose une sélection évidemment subjective de figures charismatiques du cinéma français. Elles ont marqué les esprits et l’histoire tantôt par leur gouaille, leur vocabulaire ou encore leur façon de s’approprier la langue française.

Jean-Pierre Léaud

Jean-Pierre Léaud c’est d’abord une naissance au festival de Cannes en 1959. Le monde découvre alors un garçon espiègle de 14 ans, repéré par François Truffaut au cours du casting de son premier film les 400 coups.

Truffaut avait trouvé son diamant, il ne lui restait plus qu’à le façonner et le laisser briller. Dans les 400 coups, on suit le jeune Léaud à travers la lecture de Balzac, un vol de machine à écrire, un rendez-vous chez la psy et un regard caméra final devenu mythique. Le personnage d’Antoine Doinel était né, et avec lui Jean-Pierre Léaud.


Tout est déjà là. L’aplomb, le phrasé, l’assurance folle d’un gamin de 14 ans qui s’apprête à incarner le visage de la Nouvelle Vague et celui du cinéma français. Truffaut a dit qu’il était « un acteur antidocumentaire, qui même quand il dit bonjour, vous fait basculer dans la fiction, pour ne pas dire dans la science-fiction ». Il sera son acteur fétiche, notamment dans les 6 films de la série des aventures d’Antoine Doinel.

Parallèlement , impossible de ne pas parler de la rencontre cruciale avec Jean-Luc Godard, aux côtés de qui il commence comme assistant réalisateur sur Une femme mariée (1964), Alphaville (1965) et Pierrot le fou (1965) ; avant de tourner avec lui en tant qu’acteur dans sept films en 5 ans dont Made in USA, Week-End, La Chinoise ou encore Masculin Féminin

En filigrane, Léaud poursuit son histoire avec Truffaut avec avec bien sur la série des Antoine Doinel, mais aussi avec Les Deux Anglaises et le Continent ou encore dans La Nuit Américaine en 1973, où il incarne avec génie Alphonse, un acteur névrosé aux côtés de Nathalie Baye, Jacqueline Bisset et Truffaut lui-même, acteur.


1973 est également l’année des retrouvailles avec Jean Eustache avec qui Léaud a tourné Le Père Noël a les Yeux bleus en 1966. La Maman et la Putain est présenté à Cannes en mai 73 et remporte le prix du jury présidé par Ingrid Bergman. Plus bavard, plus désœuvré, plus romantique et plus torturé par les amours que jamais. Léaud dans toute sa splendeur pour ce qui est et restera comme un de ses plus grands rôles.

Sa carrière se poursuit sans aucune sortie de route, sans aucun compromis. Il croise ainsi la route de Rivette, Pasolini, Bertolucci, Jacquot, Varda, Kaurismaki, Garrel, Bonnello et dernièrement d’Albert Serra avec qui se rend à Cannes en 2016 pour présenter La Mort de Louis XIV et recevoir une palme d’or d’honneur plus que méritée.

Jean-Pierre Léaud, acteur unique et révolutionnaire par son jeu, sa diction, son phrasé, sa gestuelle. Il est l’incarnation d’un certain cinéma français. Pour sa longévité, sa modernité, pour son intransigeance et son romantisme, s’il ne devait en rester qu’un, ce serait peut-être lui.

 

 

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